Pierre et Vacances/Center Parcs : 740 propriétaires réclament leurs loyers en justice

Selon le texte de l’assignation délivrée au spécialiste des résidences de loisirs, ces propriétaires au sein des Center Parcs des domaines des « Trois Forêts », « du Bois aux Daims », des « Bois Francs » et des « Hauts de Bruyère » souhaitent voir la société exploitante des cottages être condamnée à payer deux mois et demi de loyers.

Cela représente quelque 2,2 millions d’euros – soit environ 2.000 à 3.500 euros par propriétaire – chiffre leur avocat Patrick Tabet, qui s’attend à voir durer la procédure pendant environ neuf mois. Ces particuliers sont des propriétaires individuels de « cottages » exploités par Center Parcs qui les loue à une clientèle touristique, accompagnés de services (restaurants, activités…) et leur reverse un loyer trimestriel ou annuel, comprenant parfois des droits de séjours dans leur bien immobilier.

D’autres recours à venir

Regroupés en associations, ils veulent récupérer le paiement des loyers dont Center Parcs a décidé « unilatéralement d’interrompre le paiement » pendant le premier confinement décidé par le gouvernement le 16 mars en arguant notamment que les « biens loués (étaient) indisponibles pour cause de force majeure ». Contestant cette position, les propriétaires » pourraient concéder un échelonnement, mais ils n’abandonneront pas leurs loyers », assure Patrick Tabet.

Le recours inclura bientôt la même demande pour le deuxième confinement, ce qui devrait au moins doubler la somme réclamée. L’avocat va également lancer une action similaire « au nom d’une centaine de copropriétaires contre Villages Nature Tourisme », un autre site exploité par le groupe, en joint-venture avec Euro Disney, la maison mère de Disneyland Paris.

La crise met le groupe en grande difficulté

Disant ne « pas [avoir] connaissance » de cette assignation, une porte-parole du groupe a indiqué à l’AFP que neuf procédures contentieuses étaient en cours, concernant « essentiellement » des résidences « Pierre et Vacances et Adagio ». Durement touché par la crise sanitaire qui l’a contraint fermer la quasi-totalité de ses 26 sites Center Parcs en Europe le 2 novembre, le groupe a vu son activité divisée par deux sur les trois derniers mois de 2020.

La semaine dernière, Pierre & Vacances/Center Parcs a demandé l’ouverture d’une procédure de conciliation amiable qui doit lui permettre de discuter avec ses créanciers, alors que sa dette a bondi à 330,6 millions d’euros – dont 240 millions d’euros de prêt garanti par l’État – contre 130,9 millions un an auparavant.

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